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UN PEU D’HISTOIRE

L’histoire de l’actuelle Association des Amis de la France est très riche. Les caprices des temps et des idéologies, mais aussi la volonté des citoyens de mettre leur personnalité, leurs talents, leurs œuvres et leurs biens au service de la cause commune franco-serbe font que les réalisations de cette association au fil des années se montrent plus ou moins heureuses, ses portées étant plus ou moins grandes. L’Association changeait de nom, gagnait ou perdait en prestige, mais elle restait en général attachée aux principes de réflexion et d’action définis lors de sa fondation en 1904:

«propager la langue et la culture française en Serbie et resserrer les liens intellectuels qui unissent la France à la Serbie».
        C’est le même but que l’Association des amis de la France poursuit aujourd’hui.

L’histoire de l’Association fondée en 1904, de laquelle est sortie l’actuelle Association, permet de distinguer cinq périodes, à savoir:

  1. Fondation en 1904 de la Société littéraire française
  1. Rénovation de cette première organisation en 1919 sous le nom de la Société des Amis de la France – la fraternité d’armes des peuples serbe et français de la période 1914-1918, la présence en France de jeunes Serbes accueillis par la France pour leurs formations (environs 5000 cadres futurs) apportent un nouvel élan et une nouvelle dimension à l’Association: dorénavant il s’agit aussi d’amitié, d’amour et de reconnaissance. Du Timok à Jesenice et de Sombor à Bitolj existent et fonctionnent dans la période de 1919 à 1941 plus d’une cinquantaine de cercles qui portent un seul nom: Société des Amis de la France.
  1. Création en juin 1946 de l’Association de coopération culturelle Yougoslavie France (plus tard change son nom en Association Yougoslavie France): sur demande des autorités de l’Etat, un groupe de politiciens et d’intellectuels fût rassemblé pour créer l’Association de coopération culturelle Yougoslavie-France, comme tentative d’assurer au pays une ouverture vers le monde. Parmi les responsables lit-on les noms des personnes qui jouissaient d’une grande renommée dans notre vie culturelle: dr Radivoj Uvalić, dr Siniša Stanković, de la Dresse Krista Đorđević, dr Miodrag Ibrovac, M. Dušan Matić et Mme Mira Alečković. Ses secrétaires furent Mme Katarina Ambrozić, Vasko Popa, Petar Đonović, Kiril Svinarski. L’Association fut fortement centralisée avec ses branches successivement installées à Zagreb, Ljubljana, Novi Sad, Niš, Osijek, Sarajevo, Priština, Titograd. Sans vouloir porter aucun jugement de valeur, dirions-nous que l’action culturelle (et enseignante depuis 1954) évoluait au rythme dicté par les aléas des relations entre les deux Etats. La partie française a été représentée aussi par des intellectuels de renom, à commencer par Paul Eluard, venu à Belgrade en 1946 pour y donner une conférence. Celui-ci sera plus tard rejoint par d’autres intellectuels, tels M. et Mme Claude Aveline, Marc Alyn, Michel Aubin, Louis Bazin, Hélène Azenor, Yvonne Geller, Gabriel Beiss, Marc Blancpain, Jean Cassou et tant d’autres personnalités du monde des lettres, des sciences et des arts rassemblées dans le cadre de l’Association France-Yougoslavie, 5, Rue Les Cases, à Paris (dès le début l’Association de coopération culturelle Yougoslavie-France (l’Association Yougoslavie France) fut fortement subventionnée par les autorités. En 1954 les subventions cessent et l’Association ouvre un premier cycle de cours de langue et de civilisation française afin qu’elle puisse financer elle-même ses projets de coopération culturelle entre la Yougoslavie (Serbie) et la France. Ce premier cycle de cours a été organisé pour les adultes et il y avait 250 candidats. Dans les années soixante on ouvre des cycles pour tous les âges (enfants d’âge préscolaire, élèves de l’école primaire, lycéens et adultes). Chaque année scolaire, on comptait - durant une longue période – entre 900 et 1100 élèves. A la fin de l’année scolaire 1988/89 on compte 1273 élèves. Malheureusement, depuis le début de la crise économique et de la guerre 1991, ce nombre s’est réduit à 450 élèves, pour chuter à 158 en 1999/2000. A cause des raisons économiques on a été obligé de fermer la porte de l’école en 2001).
  1. L’Association a donné l’initiative pour l’enseignement expérimental de la langue française dans deux écoles Vladislav Ribnikar et Isidora Sekulić à Belgrade. En tout cas, il faut dire et souligner, que l’Ecole franco-serbe Vladislav Ribnikar a été ouverte à l’initiative de l’Association Yougoslavie-France (1966).
  1. Une tentative de renouveler cette dernière à l’instar des deux première sous le nom d’Alliance Yougoslavie-France, depuis octobre 1993. On a organisé son école de français «Hélène d’Anjou», en souvenir de la princesse française et reine serbe du XIIIe siècle. Dans le cadre de l’action enseignante de l’Alliance Yougoslavie-France, ainsi que le prévoyaient les Statuts, l’école «Hélène d’Anjou» a été chargé:
    • de dispenser des cours de langue et de civilisation françaises, des cours spécialisés de français,
    • de participer au travail d’écoles d’été de langue et de civilisation françaises,
    • d’élaborer des programmes et de promouvoir le matériel et les méthodes pédagogiques,
    • de participer à l’organisation des manifestations culturelles et éducatives (spectacles, concours, quiz, ateliers),
    • de prendre part à la réalisation de séminaires, colloques et réunion.

L’école «Hélène d’Anjou» organisait des cours de langue et de civilisation françaises pour tous les âges et pour tous les niveaux d’apprentissage: pour les enfants d’âge préscolaire, le cycle pour les élèves allant à l’école primaire, le cycle pour les lycéens, le cycle pour les adultes, un cycle de cours intensifs, le français langue de profession, cours de DELF et DALF¼

  1. Lors de l’Assemblée annuelle de 2003 l’Alliance Yougoslavie-France s’est scindée en deux association à cause de la mésentente de ses membres autour du programme de travaille dans le futur. L’une de ces associations se sépare. Elle s’enregistre chez les autorités comme une Association tout à fait neuve et reprend le nom du 1919, la Société des Amis de la France, en le modifiant, le 4 novembre 2003, en l’Association des Amis de la France.

        De 2003 à 2007, le président de l’Association était Prof. Dr Slobodan Vitanović, vice-président Dr. med. sc. Predrag Brzaković et secrétaire général, Mr sc. Olivera Jovović.
        Aujourd'hui, le président de l’Association est Dragana Ivanović.

        Professeur Slobodan Vitanović

Prof. Dr Slobodan Vitanović (1928–2007) a été le fondateur et le premier président de l’Association des Amis de la France dans la période de 2003 à 2007.

Il est né à Belgrade, où il a terminé ses études primaires et secondaires, puis a étudié à la Faculté de philologie de l'Université de Belgrade, ainsi qu'une maîtrise et un doctorat. Il a dirigé le Département de romance à la Faculté de philologie de Belgrade et a été directeur du Centre d'études supérieures. Il a également été professeur invité de littérature française dans quatre universités françaises (Bordeaux, Aix-Marseille, Paris 12 et Sorbonne Nouvelle– Paris 3).

En plus de plusieurs études, articles et présentations publiés dans des revues nationales et étrangères, il publie plusieurs ouvrages littéraires, dont André Gide et le théâtre classique français, André Gide et le classicisme français, Poétique de Nicolas Boileau et le classicisme français, Jovan Dučić sous le signe d'Eros, Jovan Dučić dans le signe d'Apollon et de Dionysos, Jovan Dučić dans le signe d'Athènes, Les civilisations françaises et Les époques et les directions dans la littérature française.

Le professeur Vitanović était membre du Conseil exécutif de la Société européenne de la culture, basé à Venise, et membre du Conseil de la Couronne.

Pour une grande contribution à l'amitié de notre pays et de la France, professeur Vitanović a reçu la plus haute décoration française de la Légion d'honneur. Il a été décoré aussi par les décorations: Ordre de mérite pour le peuple avec l'étoile d'argent (de l'ex Yougoslavie) et de Grand croix de l'ordre royal d'aigle blanc.

 

Quelques mots sur l’ecole Saint Joseph

C’était une école publique franco-serbe Saint Joseph fondée par arrêt ministériel de Royaume de Yougoslavie le 19 mars 1926. Elle ferme ses portes au mois d’avril 1941 c’est-à-dire lors du commencement de la Seconde guerre mondiale. La dernière génération a été inscrite en l’année scolaire 1938/39. Après cette guerre l’école a cessé de fonctionner et ses bâtiments ont été nationalisé. Cette école était un anneau dans la chaîne de relations et liens entre la Serbie et la France, commencés, sous forme organisée, en 1904, par le roi Pierre Ier de Serbie.
Durant la période 1926–1941 l’école avait environ 6000 élèves, ce qui est un chiffre assez important, étant donné qu’à cette époque-là Belgrade ne comptait que 200.000 à 300.000 habitants.
Les cours se tenaient dans deux établissement. Le premier pour les filles se trouvait 4, rue Rankeova (aujourd’hui à cette adresse se dresse le bâtiment de la Faculté de Stomatologie) et le second pour garçons 2, rue Vojvode Protića (actuelle Radoslava Grujića, où se situe aujourd’hui l’Ecole de musique Josip Slavenski). La construction de ces bâtiments a été financé par les dons des parents d’élèves, les deux ordres religieux en ayant été les propriétaires.
L’école avait le jardin d’enfants pour deux tranches d’âges, les petits et les préscolaires, quatre classe d’école primaire, quatre classes de lycée, le pensionnat et le demi pensionnat. Les pensionnaires habitaient l’école, tandis que les demi-pensionnaires étaient des élèves externes, qui avaient à l’école le déjeuner et les goûters; et pouvaient rester à l’école encore deux heures après les classes terminées, s’ils désiraient, pour faire leurs devoirs scolaires et apprendre les leçons pour le lendemain, surveillés par les instituteurs.
L’enseignement était bilingue, en serbe et en français, tout à fait conforme au programme du Ministère de l’Education Nationale de la Yougoslavie. A la fin de l’année scolaire les lycéens devaient passer, dans un lycée de l’état, l’examen de toutes les matières enseignées. Après avoir terminé la quatrième classe de lycée, les élèves qui le voulaient, pouvaient passer des examens devant une commission de l’Académie de Grenoble sur l’histoire et la géographie de la France ainsi que l’examen de la langue française, ce qui leur permettait de continuer leurs études en France sans avoir à passer des examens probatoires. Quoique l’école ait été franco-serbe, organisée et dirigée par les religieuses et religieux français catholiques (les religieuses de l’ordre d’Aublat de l’Assomption de la Vierge et les religieux de l’ordre des Frères Maristes), elle était ouverte aux élèves de toutes les nationalités et de toutes les confessions, ce qui correspondait parfaitement à la tolérance nationale et confessionnelle qui a depuis toujours existé à notre pays.
Les parents étaient régulièrement tenus au courant du succès scolaire de leurs enfants, pour l’école primaire par les notes, «bons points», délivrés à la fin de la semaine, tous les samedis, sur des feuillets de différentes couleurs, pour l’application, le serbe et le français, ensuite par les livrets scolaires, tous les mois, pour l’application, la discipline, le serbe et le français. A la fin du premier semestre et de l’année scolaire les notes étaient données pour toutes les matières enseignées.
Les lycéens avaient aussi les livrets scolaires, où tous les mois, à part les matières précitées, étaient également donnés les résultats obtenus dans les compositions écrites en serbe, en français et en mathématiques.
L’école a donné à ses élèves non seulement le savoir dans le domaine des sciences et des arts, mais elle leur a également enseigné les principes d’éthique et de morale, indispensables pour la vie dans la société.
Parmi les élèves de l’école Saint Joseph nombreux sont ceux qui sont ensuite devenus de très importants savants, artistes, intellectuels et chercheurs dans tous les domaines, qui ont joué un grand rôle dans notre culture nationale, et qui ont ensuite été des ambassadeurs de notre culture dans le monde. On ne nommera que ceux qui sont devenus membres de l’Académie des Sciences et des Beaux Arts de la Serbie. Ce sont: Mme Olga Jevrić (sculpteur), Mme Milka Ivić (linguiste), M. Ivan Antić (architecte), M. Milutin Stefanović (chimiste) et M. Miron Flašar (historien de la littérature). Aujourd’hui il en reste un petit nombre. Tous font partie, en tant que «membre collectif», de l’Association des Amis de la France. Le 19 mars chaque année, à la Saint Joseph, les anciens élèves actuellement hommes âgés, se réunissent en souvenir de leur école.